LE DIAMANTAIRE II

LE DIAMANTAIRE II

« Créer un réel joyau avec des miroirs et de l’acier »

Après s’être fait la main à travers le graffiti et le pochoir, tout au long de son adolescence, Le Diamantaire a imposé son style en incorporant des diamants au cœur des villes. Le déclic a eu lieu en 2011, lorsqu’il a trouvé son premier miroir abandonné dans une rue. Depuis, l’artiste a collé des diamants un peu partout en France et a commencé à coloniser les villes étrangères : Barcelone, Bruxelles, Montréal, Miami ou encore New-York. Pour cette dernière, il y a collé pas moins de 150 diamants en trois semaines. Ill=art vous propose de découvrir son évolution.

Depuis 2011, Le Diamantaire a collé 1500 diamants dans les rues, à travers le monde. Aujourd’hui, il cherche à passer à la vitesse supérieure, avec de nouvelles techniques de création.

Comment tes diamants ont évolué ces dernières années ?

La rencontre avec mon mécène, fin 2013, début 2014, m’a donné la possibilité de recommencer à travailler l’acier en me donnant accès à des machines professionnelles. Cela m’a permis de travailler le volume, la sculpture. Au début, mes diamants étaient plus des logos, des symboles esthétiques [pour voir le travail du Diamantaire à cette époque, c’est par ]. Là je me rapproche de la pierre, du vrai diamant. Je veux créer un réel joyau avec des miroirs et de l’acier. Je garde tout de même le principe de recyclage : je n’utilise que des miroirs de récup’.

Quel rôle souhaites-tu donner à tes œuvres ?

Le principe de départ était de donner un joyau à la rue et le donner à tous. Je voulais sublimer le miroir : mes œuvres ont une forme qui ne change pas mais leurs reflets si. Le but c’est que le diamant se transforme à chaque moment de la journée, en fonction du temps, qu’il interagisse avec le décor qui l’entoure. En galerie c’est différent, bien sûr, mais c’est toujours un peu la même chose : le diamant déconstruit l’environnement de la pièce, en reflétant de multiples fragmentations de l’espace. Chaque œuvre vit en fonction de son environnement.

Comment fais-tu pour visualiser le rendu d’une œuvre avant sa conception ?

L’habitude (rires)! Ce sont des choses que je ressens, je sais quand ça va fonctionner ou pas. C’est comme un puzzle que je fais dans ma tête. Je dessine tout en 2D et j’imagine comment vont réagir les miroirs entre eux. Mais chaque pièce est une expérience, tu ne peux pas tout visualiser : en bougeant un miroir de seulement 10 degrés tu peux changer la pièce entièrement.

Dans notre vidéo ci-dessus, on te voit utiliser une technique de choc thermique. D’où t’es venue cette idée ?

D’un truc tout bête : alors que je sortais un plat du four, je l’ai posé sur une flaque d’eau dans la cuisine et il a explosé. J’ai acheté un chalumeau pour travailler le choc thermique. Cela apporte de la lumière à l’œuvre car elle rentre mieux dedans et cela donne plus de caractère au miroir, qui est moins lisse. Dans l’œuvre de la vidéo, les fissures des miroirs sont apparentes mais, habituellement, je cache un miroir brisé de manière à ce qu’il ne puisse être vu que par réflexion avec un autre miroir. Je veux que le spectateur se pose des questions.

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