CÉLINE ACHOUR

CÉLINE ACHOUR

« J’aime ce moment où je ne peux pas contrôler ce que va devenir le tableau »

Après un temps de tâtonnement, Céline Achour a choisi sa voie artistique, au croisement du portrait et de la création de scènes narratives. Elle présente à ill=art les fondements de son travail.

Le regard vif et une aura empreinte de douceur, Céline Achour est une artiste en plein épanouissement. Après une carrière dans la protection sociale dans laquelle elle ne se retrouvait plus, Céline Achour décide de se reconvertir en architecte d’intérieur. Sa formation la remet sur le chemin de la peinture, qu’elle avait déjà croisé des années auparavant. Finalement, elle choisit de se consacrer à cet art. Dès lors, les pions se mettent rapidement en place et l’artiste participe à de nombreux salons. Céline Achour, qui aime pourtant avoir le contrôle sur la matière et les couleurs de ses toiles, travaille avec des techniques parfois imprévisibles, qui rendent unique chacun de ses tableaux.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler le portrait ?

J’ai testé beaucoup de choses différentes pour trouver mon style. Pour ma toute première démarche auprès d’une galerie, je leur ai proposé une série de portraits adaptés aux formats qu’ils exposent habituellement. Les portraits étaient cohérents entre eux mais pas forcément cohérents avec moi. Une fois libérée de ce carcan, de ce format, le portrait a été une évidence pour moi. C’est un travail très exigeant. Lorsque j’en commence un, je ne sais pas si ça va me prendre trois heures ou trois jours.

Qui sont les personnes que vous peignez ?

Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas connus. Ce sont des photos que j’ai trouvées dans un magazine ou des personnes que j’ai croisées dans la rue. Ça m’arrive d’aller voir quelqu’un pour lui demander si je peux le photographier. J’ai ces images en permanence dans la tête et je regarde ces photos régulièrement. L’année dernière j’ai photographié une jeune femme et seulement maintenant je sais ce que je vais en faire. Mes enfants sont souvent mes modèles. Avec eux c’est plus facile de leur demander de ne pas bouger parce qu’il y a une lumière particulière et qu’ils sont là au bon moment (rires).

Dans notre vidéo, on vous voit pulvériser de l’eau pour faire couler la peinture. D’où vous vient cette technique ?

L’acrylique sèche vite. Je mouille mes toiles pour que la peinture reste humide afin de pouvoir la retravailler. Un jour j’ai eu un accident avec mon pulvérisateur, qui a envoyé trop d’eau sur la toile et la peinture a commencé à couler. Depuis je le reproduis régulièrement mais c’est assez périlleux, je ne sais jamais où je vais. Ça devient un heureux hasard ou une catastrophe industrielle ! S’il y a trop d’eau, un coup de brosse peut faire partir l’intégralité du visage que je viens de peindre. Ou alors j’assiste à la transformation de mon tableau. Je peux passer de longues minutes à regarder ça. J’aime ce moment où je ne peux pas contrôler ce que va devenir le tableau.

Depuis un peu plus d’un an vous explorez un autre univers : des scènes narratives aux airs fantastiques.
Comment êtes-vous passée du portrait à ce style ?

Cela faisait longtemps que j’avais envie de raconter des histoires mais je ne savais pas comment m’y prendre. Au cours d’un atelier d’expression artistique, avec un sujet imposé, j’ai lâché prise et ça m’a permis de sortir du portrait. Ces scènes narratives sont le reflet de ce qui m’a toujours habitée. J’ai été nourrie aux contes quand j’étais petite et je suis une enfant unique, donc beaucoup de choses se passaient dans ma tête et pas dans le jeu avec un autre enfant. Je veux explorer de plus en plus cet univers. Lorsque je peins un portrait, le travail est super spontané. Quand je me lève le matin, je ne sais pas ce que je vais faire, quelle couleur je vais utiliser, si je vais le brosser ou le faire « dégouliner ». Alors que pour les scènes narratives, je sais exactement ce que je vais peindre, je travaille jusqu’à ce que l’image ressemble à ce que j’ai dans la tête.

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