ASTRO – Sérigraphie "Vortex"

ASTRO – Sérigraphie "Vortex"

« Je commence une série de toiles plus graphiques »

Astro travaille depuis des années sur toile, sur mur et… sur du film plastique. A présent, il voit les choses en grand et s’attaque à des fresques de plusieurs mètres d’envergure. C’est aussi le moment pour lui d’explorer de nouvelles facettes de son art.

Des courbes, des arabesques et quelques droites. Le tout allié donne des formes dynamiques. Aux manettes de ce fin tracé se trouve Astro. Il a commencé le graff il y a quinze ans. Mais c’est depuis toujours qu’il baigne dans la culture urbaine. Après avoir commencé à manier la bombe à 18 ans, Astro se plonge entièrement dans cet univers, quelques années plus tard. Depuis, l’artiste a fait bien du chemin, allant jusqu’à repousser les limites du street art en créant le cellograff, en 2009, avec Kanos. Cette technique leur a donné une renommée internationale dans le milieu, renforcée par leur intégration du CBS crew de Los Angeles, en 2011.

Comment ton style a-t-il évolué depuis tes débuts dans le graff ?

Au début, je faisais du pur lettrage, du wild style, qui allie calligraphie et graffiti. Maintenant, il m’arrive d’enlever les lettres, qui sont devenues une contrainte dont je n’ai plus besoin. Je commence une nouvelle série de toiles plus graphiques, sans lettrage, où je travaille sur les effets de perspective, les ombres et les lumières. « Vortex » (que l’on voit sur la vidéo) est une de ces toiles. Je viens d’en faire une sérigraphie avec les éditions Terrain Vague.

Comment es-tu passé du graff classique au cellograff, cette technique qui consiste à peindre sur du film plastique étiré entre deux poteaux ou deux arbres ?

Kanos avait déjà étudié ce support quand il était aux Beaux-Arts. En 2009, nous l’avons adapté ensemble au graffiti. Le premier qu’on a fait a été sur les quais de Seine. L’avantage de ce support c’est qu’il permet de peindre n’importe où. Normalement on ne peut pas graffer comme ça où on veut. Avec cette technique on a pu graffer dans des endroits inhabituels : la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe… sans perturber le bon fonctionnement de la ville. Et ça marche. Les spectateurs sont curieux et les autorités de la ville le reçoivent bien. Tant qu’elles ne sont pas détériorées, les œuvres ne sont pas enlevées. On a été invité un peu partout pour présenter le concept et on a envie de continuer à le pousser, à travers des volumes en installation avec des jeux de lumières.

Pour la suite, sur quelles surfaces voudrais-tu davantage travailler ?

Les façades, c’est là où je m’éclate le plus ! Au fur et à mesure, je fais grossir et évoluer mon graff. J’ai envie d’utiliser les machines qui permettent d’étaler bien fort sur des grosses surfaces, de plusieurs mètres de hauteur et de largeur. Ce que j’aimerais, c’est bosser avec un architecte sur la conception d’un bâtiment. J’aime l’idée d’inscrire le rendu final dans l’urbain, que les gens qui passent dans cette ville ne peuvent pas passer à côté, comme ce qu’on a fait à Lillers, avec Kanos.

Propos recueillis par Delphine Proust

Infos pratiques :

Si vous êtes intéressé par la sérigraphie, rendez-vous ici !

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