Centre Artasia : une confrontation artistique entre occident et orient

Centre Artasia : une confrontation artistique entre occident et orient

Des oiseaux venus d’ailleurs et une abstraction déstabilisante. Mateus Bailon et Lim Mo présentent des logiques de création différentes. Deux univers à découvrir à partir du 7 juin.

L’un vient du Brésil, l’autre de Chine. Le premier évolue dans un art figuratif, le second dans l’abstrait. Le centre Artasia a fait le choix de réunir Mateus Bailon et Lim Mo pour sa nouvelle exposition « Un plus un = ? », qui débute ce mardi 7 juin. « Nos travaux sont complètement à l’opposé mais nous avons choisi de présenter nos deux univers, ou plutôt nos deux planètes qui appartiennent à une même galaxie », explique le Brésilien Mateus Bailon.

Ce dernier a pris place au premier étage du centre Artasia. L’artiste y a installé ses oiseaux colorés et fantastiques dans une immense fresque, composée de multiple toiles (En photo ci-dessus). « J’ai grandi dans une ville du sud du Brésil, entouré d’une incroyable nature, d’incroyables oiseaux. Puis j’ai déménagé à São Paulo, qui est une véritable jungle urbaine et la nature est devenue de plus en plus présente dans mon travail », raconte l’artiste. En parallèle, il a toujours eu en lui cet intérêt pour les légendes. Il a donc commencé à créer sa propre mythologie en étudiant la place des oiseaux et leur signification dans toutes les cultures.

Mateus Bailon

Cet oiseau « se nourrit de la peur, des sentiments négatifs et, comme avec la photosynthèse, il rend de la sérénité, des sentiments positifs ».

C’est en se basant sur ses émotions et ses humeurs qu’il a formé l’histoire de ses oiseaux. L’un d’entre eux, à deux têtes, est inspiré de son signe astrologique : les gémeaux. « Il est arrivé dans notre réalité pour répondre à la perte d’espoir des êtres humains, présente Mateus Bailon. Il ne mange pas de viande ou d’insecte, il se nourrit de la peur, des sentiments négatifs et, comme avec la photosynthèse, il rend de la sérénité, des sentiments positifs. » Ces créatures fantastiques sont transportées sur terre par le street artiste, notamment dans les rues de São Paulo, mais les êtres humains, eux, ne peuvent accéder à leur univers.

« La nature est une création de Dieu, tu ne peux pas la copier » 

Face à cet univers créé de toutes pièces, Lim Mo présente, au deuxième étage, une autre logique. L’artiste chinois travaille entre Pékin et Paris, depuis presque deux ans mais, auparavant, il a vécu dix ans en Espagne. Il a ainsi construit sa propre vision de l’art occidental. « La pensée occidentale est plus scientifique, mathématique alors que la pensée orientale est plus basée sur la sensation, elle vient du cœur, estime-t-il. Mes œuvres sont présentées de manière occidentale, mais l’esprit est oriental. »

C’est pourquoi il n’y a pas de thème conducteur auquel se raccrocher dans ses œuvres mais plutôt une sensation capturée sur le moment. « Je ne veux pas copier la nature », affirme-t-il en présentant une toile colorée, composée d’une multitude de petits coups de pinceau. « C’est ma sensation de la nature, la nature est une création de Dieu, tu ne peux pas la copier, mais tu peux copier ce qu’il y a dans ton cœur. »

Pour cette oeuvre, Lim Mo a procédé par superposition de couches de peinture.

Pour cette oeuvre, Lim Mo a procédé par superposition de couches de peinture.

Lim Mo présente à la fois des toiles et des œuvres travaillées en volume.  Il procède par superposition de couches de peinture qui, au final, peuvent aboutir à une œuvre pesant plusieurs kilos. « Une œuvre n’est jamais réellement finie, je pourrai la retravailler toute ma vie. Celle-ci est comme une tarte », s’exclame-t-il en riant.

Si tout les oppose en termes de démarche artistique, les deux artistes ont en commun d’amener les visiteurs à penser différemment pour saisir leur travail. L’expérience pourra être tentée jusqu’au 9 juillet.

Mateus Bailon et Lim Mo exposent ensemble deux modes de pensée différents.

Mateus Bailon et Lim Mo exposent ensemble deux modes de pensée différents.

« Un plus un = ? », du 7 juin au 9 juillet, au centre Artasia. 2 bis quai de la Mégisserie, dans le premier arrondissement de Paris. Du lundi au samedi, de 11h à 19h.

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