Urban Art Fair : « Un passage entre le street art et l’art contemporain »

Urban Art Fair : « Un passage entre le street art et l’art contemporain »

Yannick Boesso (en photo), le directeur de la foire dédiée à l’art urbain, présente cette première édition. L’événement se déroulera du 22 au 24 avril, au Carreau du Temple, à Paris. Au programme : conférences, rencontres avec les artistes, projection d’un documentaire ou encore dédicaces de livre.

Quel est le but de l’Urban Art Fair ?

Répondre à un besoin ! Il y a de très bons galeristes qui n’ont jamais exposé en foire parce qu’ils n’y sont pas accueillis. Pourtant, ils apportent un travail vraiment très qualitatif et très crossover, c’est à dire entre l’art urbain et l’art contemporain. Ce serait bien que ce travail soit plus mis en avant en foire et qu’il entre dans les musées aussi. Les gens qui proposent des œuvres issues du mouvement street art se connaissent déjà entre eux, c’est un petit milieu. Il manquait une place sur le marché, un endroit où on peut voir tout le monde en même temps, pour créer des nouveaux liens, découvrir. Il manquait cet endroit de rencontre, ce rendez-vous.

Combien de visiteurs pensez-vous avoir pour cette première édition ?

J’estime qu’il y aura à peu près 15 000 visiteurs. On se base sur les fréquentations habituelles de foire et le fait qu’il s’agit d’une première édition, ce qui entraîne de la curiosité. La force de l’art urbain c’est que tout le monde en connait un peu donc, quand on propose un rendez-vous qui lui est dédié, ça intéresse les gens.

Vous proposez d’ailleurs des conférences, le samedi 23 avril, dans le but de faire connaître davantage le street art. De quoi traitent-elles ?

La première aborde l’histoire du mouvement avec deux artistes issus de la génération hip hop, Kool Koor et Toxic. Tarek Ben Yakhlef fera également une intervention, sur le parallèle qui est souvent fait entre la France et les Etats-Unis.
La deuxième tournera autour de la place de l’art urbain dans le marché de l’art contemporain. La troisième conférence mélange deux sujets. D’abord l’aménagement urbain par l’art urbain. C’est ce que fait le maire du XIIIème, par exemple, en donnant de la couleur à la ville, avec des artistes issus de l’art contemporain.
Puis, les limites de la loi. L’illégalité, maintenant, ne vient plus seulement des artistes qui font leurs œuvres dans la rue mais de ceux qui les prennent aussi. A qui appartiennent les œuvres ? Sachant qu’il y a un droit de propriété des murs mais qu’il y a aussi un droit moral de celui qui fait l’œuvre.
Le dernier sujet c’est sur le street art et internet. Comment les artistes s’en servent ? Le but c’est tout simplement de voir le lien entre les murs qui sont réalisés, le nombre de likes qu’ils obtiennent sur les réseaux sociaux, et leur cotation sur le marché.

Quels sont les autres temps fort de l’Urban Art Fair ?

Le film « Girl power », qui sera diffusé samedi à 20h. Il retrace le parcours d’une vingtaine d’artistes féminines pendant sept ans, sur les cinq continents, et comment elles se sont intégrées dans cet univers plutôt masculin à la base. C’est un documentaire assez attendu et ce sera une avant-première en France.
Il y aura aussi un solo show de Banksy, réalisé par un des exposants, avec huit œuvres originales. A ma connaissance, il n’y en a jamais eu autant réunies en France.
Des séances de dédicaces de livres vont avoir lieu. Par exemple, Critères éditions, la maison d’édition des livres d’art urbain « Opus délits », vient avec une dizaine d’artistes. D’une manière générale, il y aura beaucoup d’artistes à rencontrer. La galerie Bertheas, notamment, vient avec C215 et Psychoze. Et puis je suis très fier d’avoir la galeriste Magda Danysz, qui propose une exposition de dix œuvres emblématiques du street art.

Certains pensent que le street art doit rester dans la rue, que leur répondez-vous ?

Je suis assez d’accord en soi, mais pour le street art. Le travail de certains artistes n’aurait effectivement aucun sens sur une toile. Ernest Pignon-Ernest, par exemple, ravive l’histoire, l’âme d’une rue. Son œuvre, lui, c’est la rue ! Donc c’est beaucoup plus compliqué de mettre ses œuvres sur une toile. Dans le cadre de l’Urban Art Fair, on est dans un passage entre le street art et l’art contemporain. Il y a différents courants dans ce mouvement, qui reste quand même un univers à part. Je voudrai qu’il ait une place privilégiée comme certains courants dans l’Histoire. C’est pourquoi on n’est pas obligé de ne le montrer que dans la rue. Le passage sur toile ou sur un support en galerie est aussi une évolution très intéressante à observer.

Propos recueillis par Delphine Proust

Pratique : Urban Art Fair, du 22 au 24 avril, de 11h à 20h, au Carreau du Temple, 4, rue Eugène Spuller, 75003 Paris. Tarifs : entre 8 et 12 euros. Le site de l’Urban Art Faire, c’est ici !

 

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