Exposition : Alexandre d’Alessio et Romain Froquet interrogent nos modes de vie

Exposition : Alexandre d’Alessio et Romain Froquet interrogent nos modes de vie

Dans une société de changement permanent, les deux artistes du collectif 9ème concept présentent, dans le cadre de « Erase and Restart », des œuvres invitant au questionnement, jusqu’au 10 mai.

Vous venez de franchir le seuil du centre Artasia, levez les yeux. Au-dessus de vous se trouve une installation s’étendant sur une bonne partie du plafond du hall. Cette œuvre est constituée d’une multitude de pièces métalliques, s’enchevêtrant de manière harmonieuse. Vous voilà dans l’univers d’ « Erase and Restart ». L’exposition d’Alexandre d’Alessio (à gauche sur la photo ci-dessus) et Romain Froquet (à droite), artistes du collectif 9ème concept, se déroulera du jeudi 14 avril au mardi 10 mai, au centre Artasia. Leur réflexion est partie d’un texte d’Estelle Domergue, la compagne de Romain Froquet, sur notre façon de consommer la vie, de vivre en société. En réaction à l’évolution trop rapide du monde, ils souhaitent notamment donner de la place à la mémoire.

L'installation située à l'entrée du centre Artasia a été réalisée par Romain Froquet, en collaboration avec l'architecte Ruofan Shen.

L’installation a été réalisée par Romain Froquet et l’architecte Ruofan Shen. Elle est la manifestation en 3D d’une réflexion sur les choix de vie.

L’œuvre d’entrée fait partie du projet « Highway » (autoroute en anglais), de Romain Froquet. Il a conçu l’installation avec l’architecte Ruofan Shen. Le point de départ de cette démarche artistique vient d’un voyage à Houston, aux Etats-Unis. L’artiste y a été impressionné par le système autoroutier américain, dans lequel il a trouvé un intérêt visuel, mais pas que. « Je travaille sur l’esthétique des lignes, qui font écho à ces chemins qu’on empreinte et ceux qu’on laisse derrière nous, détaille Romain Froquet. C’est un discours symbolique sur les choix de vie. »

Ce concept est également installé dans la pièce suivante. Quatre immenses panneaux attendent les visiteurs. Ils ont été inspirés des échangeurs d’autoroutes de Paris, de Houston (Etats Unis), de Pékin (Chine), et de Dakar (Sénégal).  « Par rapport à mon travail habituel, j’ai relégué la couleur au second plan pour vraiment me concentrer sur le message », détaille Romain Froquet. Les images qui ont permis la réalisation de ces œuvres sont extraites de l’outil Google maps. « Cela me permet de voyager à travers mon ordinateur ! »

Les lignes des œuvres de la série "Highway" sont inspirées des échangeurs autoroutiers.

Les lignes des œuvres de la série « Highway » sont inspirées des échangeurs autoroutiers.

Un étage plus bas, Alexandre d’Alessio propose une autre piste de réflexion. Il évoque la mémoire à travers le bois. « Les veines du bois marquent le passage du temps, elles donnent une forme qui se redéfinit d’année en année », explique-t-il. Dans une pièce à l’éclairage tamisé, l’artiste mène le visiteur vers le mythe de la création de la peinture.

Le point de départ de son installation est constitué de cinq totems de bois, sur lesquels on distingue des visages. Pour  les faire apparaître, « je coupe finement les tranches de bois jusqu’à ce que je trouve le dessin qui m’intéresse. Après, je pigmente certaines veines pour faire ressortir des traits mais le dessin est déjà dans le bois. » Et, pour l’anecdote, Alexandre d’Alessio va lui-même couper ses arbres !

Alexandre d'Alessio présente cinq totems de bois abordant le mythe de la création de la peinture.

Alexandre d’Alessio présente cinq totems de bois abordant le mythe de la création de la peinture.

L’exposition évolue ensuite en peintures, sur lesquelles le regard est amené par des sources lumineuses. « Je mets en scène des personnages qui sont figés dans le bois, comme pris par une accumulation perpétuelle des années, poursuit Alexandre d’Alessio. Cela donne aussi une image de supériorité de la nature sur l’homme, qui a le pouvoir de les englober, de les contraindre. »

Des peintures réalisées à même les murs sont à découvrir au centre Artasia.

Des peintures réalisées à même les murs sont à découvrir au centre Artasia.

Face à cette puissance du bois, certains personnages semblent lutter. D’autres, au contraire, ont l’air apaisé. Le but est de permettre à chaque visiteur de s’y retrouver, de prendre le temps de s’interroger sur sa propre condition.

Pratique : Exposition du 14 avril au 10 mai. Vernissage ce jeudi 14 avril, à partir de 18h, au centre Artasia, 2, bis quai de la Mégisserie. Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 19h.

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