Katre vous emmène dans l’univers des friches industrielles

Katre vous emmène dans l’univers des friches industrielles

Le vernissage de l’exposition Ruines&Sens a lieu ce jeudi 24 mars. C’est l’occasion pour l’artiste de faire découvrir l’évolution de son travail. Ill=art vous donne l’explication qui va avec.

Des gravats. Des bouts de parpaings cassés. Des barres de fer tordues. Bienvenu dans le monde de Katre. « Je ramène un peu de l’univers que je côtoie souvent, ici, dans la galerie », raconte l’artiste qui, depuis des années, forge son style en parcourant les friches industrielles. Du 25 mars au 28 mai, Katre donne des airs d’usine abandonnée à la galerie Wallworks pour son solo show « Ruines&Sens ». Le vernissage se déroulera ce jeudi, de 19h à 22h.

L'artiste a peaufiné les détails de son installation jusqu'à la dernière minute.

L’artiste a peaufiné les détails de son installation jusqu’à la dernière minute.

A peine avez-vous franchi l’entrée que vous en prenez déjà plein les yeux avec sa pièce maitresse : une installation s’étendant du sol au plafond sur sept mètres de large. « J’utilise le même procédé que pour mes toiles, détaille Katre. Je colle une image prise dans une friche, en l’occurrence, c’est une usine à Ivry, et je continue au spray, j’accentue certains traits d’architecture. L’installation, me permet vraiment de faire venir les éléments vers le spectateur. »
On retrouve les traits de la lettre « K », qui suit l’artiste depuis des années, de manière décomposée dans l’œuvre. Cependant, plutôt que de les peindre directement sur la photo, ils sont mis en volume. « J’ai utilisé des bouts de fer, des sangles rouges tendues, pour accentuer l’image et, pour la première fois, j’ai intégré des néons rouges. »

Le reste de l’exposition se recentre sur le travail en atelier de Katre. Dans la vingtaine d’œuvres présentée, l’artiste exploite divers supports : les toiles, bien sûr, mais aussi des plaques d’aluminium brossé, du bois ou du verre. Elles ont néanmoins toutes un point commun : « J’utilise la sérigraphie pour transférer l’image sur le support que je veux. C’est la meilleure technique que j’ai trouvée en termes de rendu. » Le street artiste renforce ensuite les éléments de perspectives au pinceau et y intègre de la couleur à travers les traits du « K ». « On ne voit presque plus la lettre, je l’ai épurée. A la base je suis graffeur, la lettre « K », stylisée comme ça, rappelle le mouvement, l’énergie que je mets quand je vais graffer. »

« L’univers des grosses usines »

La nouveauté, c’est qu’au lieu d’imprimer du noir sur une toile blanche, l’artiste a d’abord peint des couleurs sombres sur lesquelles il a fait imprimer l’image en chrome. « Ce côté métallique représente encore un peu l’univers des grosses usines ».

Katre dévoile une série de cercles pour l'exposition. L’œuvre de la photo a la particularité d'être dotée de néons.

Katre dévoile une série de cercles pour l’exposition. L’œuvre de la photo a la particularité d’être dotée de néons.

Parmi ses nouvelles expérimentations artistiques, Katre dévoile une série de cercles. Basées sur une sélection de ses photos de friches, ces œuvres se focalisent sur la matière des gravats.  « J’isole une partie de l’image en faisant attention à la dynamique de tous ces bouts de bois, ces bouts de fer etc… Ça rend cet élément de friche, qui est voué à disparaitre, vivant. J’ai presque l’impression que certains bouts de ferraille, certains câbles, sont comme des veines ou des racines. »
Une de ces œuvres se distingue des autres : « Elle répond à l’installation car j’ai utilisé les mêmes néons. »  L’idée c’est de remplacer les éléments colorés qui, habituellement, sont peints, par de la lumière.

Trois plaques de verre sont présentées. En fonction de la lumière, vous pourrez distinguer des tags faits à l'acide.

Trois plaques de verre sont présentées. En fonction de la lumière, vous pourrez distinguer des tags faits à l’acide.

Le travail autour de la lumière ne s’arrête pas là pour Katre. Deux plaques de verres sont exposées. A première vue, elles sont conçues de la même manière que les autres œuvres. Mais en s’y arrêtant, on remarque de subtiles variations dans le verre… « J’ai utilisé de l’acide pour taguer dessus, dévoile-t-il. Cela dépolit le verre, ce qui donne une belle matière. Sur un fond blanc, on ne voit pas du tout les tags, mais avec la lumière, ils apparaissent. »

Pratique :

Exposition « Ruines&Sens ». Vernissage jeudi 24 mars, de 19h à 22h. Puis du 25 mars au 28 mai. Du lundi au samedi, de 14h à 19h, à la galerie Wallworks, 4 rue Martel 75010 Paris.

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